Depuis quelques mois, un nouveau terme circule dans les discussions sur l’intelligence artificielle : le vibe coding. Derrière ce nom un peu familier se cache une idée simple : décrire ce qu’on veut obtenir en langage courant, et laisser une IA comme Claude écrire le code correspondant. Pas besoin de maîtriser un langage de programmation pour commencer à créer un petit outil. De quoi intéresser beaucoup de TPE et de PME, qui n’ont ni le temps ni le budget pour faire développer chaque besoin ponctuel. Reste à comprendre ce que ça permet vraiment, et ce que ça ne remplace pas.
Vibe coding : la définition en une phrase
Le vibe coding est une façon de créer un outil informatique en décrivant le besoin en langage courant à une IA, qui génère le code à sa place. On explique le résultat souhaité, l’IA propose une première version, on ajuste par échanges successifs jusqu’à obtenir un outil fonctionnel. Avec Claude, cet échange se fait directement en langage naturel, sans connaissance technique préalable. On reste dans le pilotage du besoin plutôt que dans l’écriture du code.
Ce que le vibe coding permet concrètement dans une TPE/PME
Le vibe coding ne sert pas à construire un logiciel métier complexe. Il trouve son intérêt sur des besoins plus modestes, ceux qui traînent depuis longtemps parce qu’ils ne justifiaient pas de faire appel à un développeur. Quelques exemples concrets :
- un formulaire de suivi interne, pour remplacer un fichier partagé devenu ingérable,
- un script qui trie ou renomme automatiquement des fichiers selon une règle simple,
- une page de calcul (devis, marge, simulation) utilisable par toute l’équipe,
- un mini-outil qui met en forme un export de données pour le rendre lisible.
Dans chacun de ces cas, le besoin est réel mais trop petit pour un projet de développement classique. Le vibe coding permet d’y répondre rapidement, sans dépendre d’un prestataire pour chaque ajustement.
Comment s’y prendre concrètement
Le vibe coding fonctionne mieux quand on part d’un besoin précis plutôt que d’une idée vague. Quatre étapes suffisent généralement pour un premier essai : identifier un besoin concret et limité (pas «un outil pour la compta», mais «un tableau qui calcule ma marge à partir de trois chiffres») ; décrire ce besoin à Claude en langage courant, avec un exemple de ce qu’on attend comme résultat ; tester le premier résultat et reformuler ce qui ne convient pas, car c’est un aller-retour, pas une commande unique ; vérifier le fonctionnement avant de le diffuser à l’équipe, en particulier si des données sensibles sont concernées.
Ces étapes ressemblent à celles d’un cahier des charges classique, en plus rapide et plus itératif. La différence avec un développement traditionnel n’est pas la rigueur nécessaire, c’est la vitesse à laquelle on peut tester une première version.
Un exemple vécu chez Opens
Chez Opens, on teste ce type d’usage en interne avant de l’évoquer avec nos clients. Bien évidemment, Yann et Léo (notre pôle digital), utilise le vibe coding quasi quotidiennement. Mais d’autres métiers au sein de notre cabinet, y sont moins susceptibles, comme moi, Laurine, chargée de marketing (en autres).
Le suivi KPI de nos actions marketing (LinkedIn, newsletters, sites, réseaux) est préparé tous les quatre mois pour nos réunions internes. Plutôt que de recompiler chaque export à la main, ce tableau de bord est désormais construit avec Claude, à partir des données transmises.
Ça n’a rien eu d’automatique dès le premier essai. Il a fallu poser des règles précises (ce qui compte comme newsletter ou comme email commercial, les jours à exclure du calcul des moyennes, la façon de présenter un chiffre en baisse sans conclure trop vite à un échec), et un point technique reste encore à régler pour automatiser complètement la récupération des données. L’outil s’améliore trimestre après trimestre, plutôt que d’avoir été parfait dès le départ.
Vibe coding : les limites à connaître avant de se lancer
Le vibe coding facilite la création, mais ne dispense pas de vigilance.
- L’outil produit doit être vérifié avant d’être utilisé, en particulier s’il traite des données sensibles (RH, clients, finances).
- Un outil créé de cette façon reste artisanal : il n’est pas construit avec les mêmes standards de sécurité et de maintenance qu’un développement professionnel.
- Il convient pour du ponctuel ou de l’usage interne restreint, pas pour un outil destiné à évoluer, à être maintenu longtemps ou à gérer des volumes importants.
- Comme pour toute utilisation de l’IA générative, mieux vaut ne jamais transmettre de données confidentielles sans avoir vérifié au préalable les conditions d’utilisation de l’outil.
Le vibe coding est un bon moyen de tester une idée, de dépanner un besoin précis ou de gagner du temps sur une tâche répétitive. Il ne remplace pas un développement professionnel dès que l’enjeu devient stratégique ou durable.
Qui doit piloter ce sujet en interne ?
Le vibe coding ne se délègue pas entièrement à l’IA. Il demande quelqu’un capable de formuler un besoin avec précision, de vérifier ce qui est produit, et d’accepter que le résultat s’améliore par itérations plutôt que d’un coup. Dans une petite structure, ce rôle revient souvent à la personne la plus impliquée dans le besoin concerné (celle qui gère le suivi commercial, la communication ou l’administratif au quotidien), pas nécessairement quelqu’un ayant un profil technique.
Comme pour tout nouvel usage numérique, mieux vaut commencer petit, avec une personne motivée sur un cas précis, avant d’envisager une diffusion plus large. C’est aussi ce qui permet de mesurer concrètement ce que l’outil apporte, avant d’en généraliser l’usage.
À retenir
Le vibe coding change la manière d’aborder un besoin numérique simple. Plutôt que de renoncer faute de compétences techniques ou de budget, une TPE/PME peut désormais tester, ajuster et obtenir un premier outil fonctionnel en quelques échanges avec une IA comme Claude, à condition de garder en tête ses limites et de rester vigilant sur les données utilisées.
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